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« Nador » : Pour une Edition ergonomique.

100 millions. 1/5eme des livres imprimés. C’est le nombre de livres qui sont détruits chaque année en France au pilon. Stockés dans des bennes, poussés dans des broyeurs, déchiquetés par des machines équipées de couteaux rotatifs. Soit la surface de Paris plantée d’arbre, rasée, chaque année. Et pour quoi ? Pour nourrir l’insatiable appétit de la bête nommée « Edition française ». Non contents de publier quantité de titres avec lesquels ils savent pertinemment qu’ils ne gagneront pas un sou, nos éditeurs, jouant de leur pouvoir – qu’ils disent intellectuel -, de ce pouvoir avec lequel ils s’arrogent le droit de faire un tri sélectif de ceux qui auront le droit d’être lus, poussent le cynisme jusqu’à jouer jusqu’au bout le jeu, le jeu de la direction littéraire tout d’abord, puis de l’impression à outrance, finalement celui de la distribution et de la diffusion où l’on voit des hordes de « représentants » en commerce calibrer l’auteur – comme une pomme sur un étalage -, puis parcourir les villes de librairie en librairie pour placer un produit nommé livre, lui obtenir la meilleure place sur les tables afin que, finalement, un lecteur l’achète.

Mais voilà, Pour qu’un lecteur l’achète il aura fallu que des milliers de livres soient imprimés !

Et après ça ils nous font les gorges chaudes avec le GAFA, (Google, Amazon, Facebook), cette bande de malotrus qui ose partager les savoirs et imprimer à la demande !

La vérité c’est que le GAFA fait partie de notre vie quotidienne et offre des solutions ergonomiques aux défis de l’édition, Pour ne parler que d’eux.

Publier un texte n’est plus un mensonge convenu pour les soutiers de la littérature (détruire des livres, dit-elle), mais un acte responsable et citoyen.

La direction littéraire n’est pas en reste puisque l’éditeur opère toujours entre le distributeur et l’auteur. Et ! Enfin ! Plus de stocks encombrants, plus de livres sacrifiés en masse, une distribution saine, ergonomique, à la demande.

C’est cette aventure que j’ai tentée avec mon éditeur Mirza, Bertil Scali, pour mon roman « Nador ». Pour mettre en place, comme le dit Edwy Plenel, un « écosystème » de l’édition, nouveau certes, dérangeant certes, mais autrement plus sain.

Les librairies de demain : des espaces-salon de lecture où le lecteur pourra manipuler, consulter, lire même en partie le livre de son choix, avant de le charger en ebook ou de le faire imprimer sur place en moins d’un quart d’heure.

Thérèse Fournier.

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