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Wassyla source d’Art.

« C’est moi qui ramasse vos mégots ! » ; voici le panneau qu’a accroché Wassyla Tamzali dans la cour intérieure du bel espace où la militante féministe a installé, « Les ateliers sauvages » – « sauvage, au sens de, « fleur sauvage » ».

La voix est calme, posée – la voix d’une femme déterminée, qu’on ne déstabilise pas comme ça. Nous sommes sur Radio M, ce jeudi 1er février 2018, « la petite radio du grand Maghreb », basée à Alger. Il est 09H00 du matin pour tout le fuseau horaire et j’écoute la radio via internet sur radio-m.net. Je n’aurai pas la chance d’entendre le nom de l’intervieweur.

Dans ces 500 mètres carrés achetés toute seule, l’avocate, directrice de programme à l’Unesco et écrivain, a installé une cuisine, quelques plantes dans la cour de cette immeuble qui n’en avait pas vu depuis 1962. Ce lieu, dit la mécène, est un « espace des libertés » pour un « art émergent » – et non « dissident ». Il s’adresse à de jeunes artistes algériens déjà formés. Wassyla leur fournit le financement, 100 000 à 200 000 dinars, l’hébergement et le couvert. Ne reste qu’à créer, et à vivre – d’où le panneau sur le mégots – «les « garçons » algériens, ne sont pas habitué aux tâches ménagères, chez moi ils doivent s’y mettre ».

Reste la phase la plus difficile, vendre l’œuvre.

« – Une fois crée, on en fait quoi de l’œuvre ? dit-elle. Ici à Alger les gens mettront de l’argent dans une table pseudo-berbère, mais n’achèteront pas de l’art contemporain.

– Vous suggérez que la « bourgeoisie algérienne » n’est pas assez éduquée ? (dit l’intervieweur)

(Wassyla Tamzali balaye la notion de « bourgeoisie algérienne »)

– Il y a une inertie colossale. Les gens ne s’identifient pas à cet art, on lui préfère « l’orientalisme ».

Or nous on ne s’adresse pas à l’identité, mais à l’humain ! »

Reste à connecter Féminisme, avec l’Art.

« Le féminisme est une idéologie de la libération qui s’adresse aux formes profondes de l’oppression. La femme est opprimée car elle a intériorisé son oppression. Or l’Art, les artistes « visuels », ont la capacité de transgresser les tabous. »

D’où l’exposition, en décembre 2017, d’une œuvre avec un drap de mariage maculé de sang.

Le 25 janvier 2018 a eu lieu « La nuit des idées », et le 17 février se dérouleront des rencontres algéro-marocaines autour de « Nedjma ».

Bon courage, Wassylal!

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